01/01 Surcharge. Surdose. Overdose. Au moins ce n'est qu'une fois par année. Promis, j'ajoute du contenu prochainement, durant le mois sans doute. Il faut juste me laisser décompresser un peu. 13/01 La vie suit son cours. Le temps régresse ou évolue : ils est éphémère. On peut tout perdre, on peut tout gagner, on fait des conneries sans vraiment prendre conscience de tous ses actes avec un certain recul. On regrette. On fait d'autres conneries plus grosse. L'histoire d'une vie, des bouleversement, des joies, des routines. Un dernier week-end avant l'immersion, avant la vie, avant les occupations, l'école, les travaux. Une nouvelle routine d'un an et demi à suivre : notre seul exutoire, notre jugement dernier. Notre seul salut. 22/01 Your hot kiss in mid december. Vous savez, on grandit et on se rend compte que les souvenirs c'est vraiment le comble de nos vies. C'est mortel. Insidieux. Un poison qui nous ronge le sang et qui finit par tout transformer en cendres. Et les cendres, oh que c'est beau. Gris terne. Poudreux. De la cocaïne pour dépressif, un souffle et tout s'efface. Il ne reste rien. Que des cendres. 25/01 Aujourd'hui, grande nouvelle qui n'intéressera personne : je suis rentré en analyse. J'imagine que c'est le comble de toute adolescence. Ou de tout parent, de faire en sorte que son enfant aille mieux en le confiant à des spécialiste ? Spécialistes agressifs qui vous compare à un mur en béton armé : à la fin, lorsqu'on m'a demandé ce que j'avais pensé de la session d'une heure basée principalement sur la défensive de ma fameuse forteresse, j'ai dit que le moustique agaçant n'avait pas réussi à pondre ses larves dans mes fissures. J'ai eu droit à un bonus de quinze minutes très moralisatrices et un rendez-vous pour la semaine prochaine. Au moins, il va en chier et va regretter son air supérieur d'homme en parfaite maitrise de son Ça. Promis les girls, je vous redonne des nouvelles. 26/01 Merci : la loi de l'attraction. Un concept qui me parle et qui m'a été soufflé par une sage personne. Qu'est-ce ? J'imagine qu'il y a déjà une phrase toute faite sur Wikipedia et une longue liste de détails et d'exemples compliqués. Je crois que chacun peut l'interpréter un peu à sa manière. Pour moi, c'est l'idée de l'aimant qui attire absolument tout ce qu'on pense. L'esprit étant ce qu'il est, complexe, tortueux, mutilateur : on attire tout ce qu'on ne veut pas, à force de trop y penser. On se met dans la merde jusqu'au cou sans vraiment le désirer, uniquement parce que la vie n'est ni noir ni blanche et qu'on attire son opposé. On attire, en revanche, ce qu'on désire réellement, ce qui rééquilibre les choses. Moi, je veux vraiment. Je ne veux vraiment pas. C'est étrange : le cerveau ne retient pas la négation : il comprend un mot et s'organise pour qu'il arrive. Je ne veux pas être malade devient je veux être malade. Je ne veux pas être triste devient je veux être triste. Et l'image se fait, les choses s'enclenchent et les choix suivent sans vraiment s'en rendre compte. Au final on se retrouve malade, triste.
01/02 Pourquoi je me sens toujours si mal ? J'ai l'impression d'avoir la Nausée à longueur de vie. C'est pénible. C'est douloureux. Et le pire, je crois, c'est que je le sais et que je le vois. Et ce qui a de pire encore, c'est que j'ai l'impression de ne rien pouvoir faire. D'être incapable, amputé de volonté. J'ai besoin d'être sauvé : je ne suis qu'un lâche, une victime. Je ne puise de force nulle part. Tout se dérobe. Tout s'efface. 08/02 "Pourquoi tu jettes tes mégots par-terre ?" "Pourquoi pas ?" "T'as un cendrier à un mètre de toi, merde. Pense à la pollution." "Bof. Enterré, brûlé ou sur le sol, la terre restera un déchet." Faut pas chercher bibi. 29/02 "Qu'est-ce que t'as à le regarde comme ça ?" "J'sais pas, c'est bizarre." "Ben c'est une tapette, t'es homophobe lol ?" "Non, mais d'avoir les ongles peints en orange, du rouge à lèvre vert, avec une coupe en brosse, un manteau long, une voix super grave qui jacasse comme une pie au téléphone, des collants troués aux genoux, les jambes super poilues, une moustache et une barbe de trois jours... Je trouve ça bizarre, j'ai pas le droit ? J'ai envie de dire, choisi un côté, qu'on en finisse."
01/03 J'ai une nouvelle pour vous : tous les mauvais souvenirs que vous avez eu et que vous avez maintenant resteront à jamais imprimés dans votre crâne. C'est une malédiction, pire encore que d'avoir des pertes de mémoire. Parce que quand on oubli, c'est simple, on se souvient plus du mal qu'on a fait. Mais quand on se souvient, on sait. Et quand on sait, c'est mal. Et si la mémoire nous montre le passé, comment nous montre-t-elle que c'est passé ? Encore aujourd'hui, je me sens vieux. J'ai l'âge de mon coeur, quatre-vingt dix ans, et je me souviens d'un tas de chose. Mais encore pis, c'est de se souvenir des sensations. Du charbon qui descend dans ma gorge, qui me donne des haut-le-coeur à chaque fois que je termine le fond d'un chocolat chaud, où tout le sucre s'est déposé et forme une masse épaisse. Le sirop pour la toux me fait vomir. Le simple souvenir du goût de médicaments, de l'odeur et de la couleur, s'impriment dans ma tête et me donnent le tournis. Et si seulement il n'y avait que ce passage de ma vie. Mais tout ce que j'ai fait avant, tout ce que j'ai fait après, vagues fantômes, surgissent, perforent mon orgueil et me laissent comme un squelette, entièrement nu. Tout ce que j'ai pu dire, imaginer. Trop. Je frotterais ma peau jusqu'à ce qu'elle saigne.









