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ptolam

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CocoRosie K-Hole

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“ We seven kids. We almots died. ” - lundi 30 avril 2012 12:56

Création : 02/12/2011 à 08:40 Mise à jour : 14/04/2012 à 18:40

אני התאווה החוחים

.session_2012 .date { color: #4e5f26; }

 04/12  Il faut croire que la nostalgie du mois de décembre fonctionne même pour les parents indignes qui se souviennent des belles années autour d'un sapin décoré. Ils appellent, prennent des nouvelles, disent qu'ils vont bien... et sombrent ensuite dans le néant, pour une autre période indéfinie. En même temps, comment peut-on leur en vouloir ? On sourit. On joue les enfants modèles, serviables juste pour leur montrer à quel point on s'en sort bien sans eux. On essaie d'être gentil et on se promet de se revoir quelques fois par mois. Au final, la neige continue de tomber sur la ville et elle efface avec elle toutes traces de rendez-vous futurs. Elle fond, le printemps arrive, l'été. Entre temps, des nouvelles évasives, d'autres promesses. Et puis le froid revient, avec Novembre. Et Décembre arrive. Encore et encore. Et cette mélancolique qui ne les quittent jamais. Et ils reviennent. Et ils repartent.  05/12  On fait tout dans la vie pour atteindre nos idéals. À quatorze ans, on tient nos amis serrés contre nous et on se promet qu'il resteront toujours là. On prévoit des plans foireux, vivre en coloc, vivre entre potes, aller à la même université. La majorité approche rapidement comme un mur de brique et on y fonce tête baisser en croyant que la douleur sera brève. En fait, on ouvre les yeux sur un monde différent. Les responsabilités embarquent, on doit trouver quelque chose à faire dans la vie. Nos amis s'éloignent, vont étudier en psychologie ou en science politique. Ils deviendront courtiers en assurance ou infirmière auxiliaire. Ils deviendront sans doute de très bons travailleurs, avec leur famille, leurs nouveaux amis et leur party de bureau. Et on reste derrière, meurtri : on se demande ce qu'on fera nous-même de notre peau. Et on se dit qu'attendre nous apportera des solutions sur un plateau d'argent. Mais en fait, on doit se résigner. Dans la vie rien est facile et il faut se prendre le cul à deux mains, se magner, se forcer. Pour avoir l'air heureux. Pour faire semblant que tout va bien dans le meilleur des mondes. On enfile un masque souriant, d'humeur joyeuse. Pour montrer que nous aussi, on vise un idéal de vie respectable. Alors qu'en fait non. On se laisse emporter par les vagues des jours, on se laisse dériver. On travaille. On vieillit. Et tout s'enfile comme si de rien était, comme si c'était l'ordre des choses mêmes. Et c'est déprimant.  25/12  Comment faire pour essayer de vivre l'esprit de Noël lorsqu'on est seul et que tout le monde autour de toi ne nous voit pas ? Il faut trouver des amis. De bons amis, de préférence. Un peu d'alcool, un puzzle de 1000 mots. Et c'est parti pour une nuit blanche de plaisir sans même se toucher le corps. Joyeux Noël, même si je le pense pas et qu'il ne s'agit que d'un congé parmi tant d'autres.

 01/01  Surcharge. Surdose. Overdose. Au moins ce n'est qu'une fois par année. Promis, j'ajoute du contenu prochainement, durant le mois sans doute. Il faut juste me laisser décompresser un peu.  13/01  La vie suit son cours. Le temps régresse ou évolue : ils est éphémère. On peut tout perdre, on peut tout gagner, on fait des conneries sans vraiment prendre conscience de tous ses actes avec un certain recul. On regrette. On fait d'autres conneries plus grosse. L'histoire d'une vie, des bouleversement, des joies, des routines. Un dernier week-end avant l'immersion, avant la vie, avant les occupations, l'école, les travaux. Une nouvelle routine d'un an et demi à suivre : notre seul exutoire, notre jugement dernier. Notre seul salut.  22/01  Your hot kiss in mid december. Vous savez, on grandit et on se rend compte que les souvenirs c'est vraiment le comble de nos vies. C'est mortel. Insidieux. Un poison qui nous ronge le sang et qui finit par tout transformer en cendres. Et les cendres, oh que c'est beau. Gris terne. Poudreux. De la cocaïne pour dépressif, un souffle et tout s'efface. Il ne reste rien. Que des cendres.  25/01  Aujourd'hui, grande nouvelle qui n'intéressera personne : je suis rentré en analyse. J'imagine que c'est le comble de toute adolescence. Ou de tout parent, de faire en sorte que son enfant aille mieux en le confiant à des spécialiste ? Spécialistes agressifs qui vous compare à un mur en béton armé : à la fin, lorsqu'on m'a demandé ce que j'avais pensé de la session d'une heure basée principalement sur la défensive de ma fameuse forteresse, j'ai dit que le moustique agaçant n'avait pas réussi à pondre ses larves dans mes fissures. J'ai eu droit à un bonus de quinze minutes très moralisatrices et un rendez-vous pour la semaine prochaine. Au moins, il va en chier et va regretter son air supérieur d'homme en parfaite maitrise de son Ça. Promis les girls, je vous redonne des nouvelles.  26/01  Merci : la loi de l'attraction. Un concept qui me parle et qui m'a été soufflé par une sage personne. Qu'est-ce ? J'imagine qu'il y a déjà une phrase toute faite sur Wikipedia et une longue liste de détails et d'exemples compliqués. Je crois que chacun peut l'interpréter un peu à sa manière. Pour moi, c'est l'idée de l'aimant qui attire absolument tout ce qu'on pense. L'esprit étant ce qu'il est, complexe, tortueux, mutilateur : on attire tout ce qu'on ne veut pas, à force de trop y penser. On se met dans la merde jusqu'au cou sans vraiment le désirer, uniquement parce que la vie n'est ni noir ni blanche et qu'on attire son opposé. On attire, en revanche, ce qu'on désire réellement, ce qui rééquilibre les choses. Moi, je veux vraiment. Je ne veux vraiment pas. C'est étrange : le cerveau ne retient pas la négation : il comprend un mot et s'organise pour qu'il arrive. Je ne veux pas être malade devient je veux être malade. Je ne veux pas être triste devient je veux être triste. Et l'image se fait, les choses s'enclenchent et les choix suivent sans vraiment s'en rendre compte. Au final on se retrouve malade, triste.

 01/02  Pourquoi je me sens toujours si mal ? J'ai l'impression d'avoir la Nausée à longueur de vie. C'est pénible. C'est douloureux. Et le pire, je crois, c'est que je le sais et que je le vois. Et ce qui a de pire encore, c'est que j'ai l'impression de ne rien pouvoir faire. D'être incapable, amputé de volonté. J'ai besoin d'être sauvé : je ne suis qu'un lâche, une victime. Je ne puise de force nulle part. Tout se dérobe. Tout s'efface.  08/02  "Pourquoi tu jettes tes mégots par-terre ?" "Pourquoi pas ?" "T'as un cendrier à un mètre de toi, merde. Pense à la pollution." "Bof. Enterré, brûlé ou sur le sol, la terre restera un déchet." Faut pas chercher bibi.  29/02  "Qu'est-ce que t'as à le regarde comme ça ?" "J'sais pas, c'est bizarre." "Ben c'est une tapette, t'es homophobe lol ?" "Non, mais d'avoir les ongles peints en orange, du rouge à lèvre vert, avec une coupe en brosse, un manteau long, une voix super grave qui jacasse comme une pie au téléphone, des collants troués aux genoux, les jambes super poilues, une moustache et une barbe de trois jours... Je trouve ça bizarre, j'ai pas le droit ? J'ai envie de dire, choisi un côté, qu'on en finisse."

 01/03  J'ai une nouvelle pour vous : tous les mauvais souvenirs que vous avez eu et que vous avez maintenant resteront à jamais imprimés dans votre crâne. C'est une malédiction, pire encore que d'avoir des pertes de mémoire. Parce que quand on oubli, c'est simple, on se souvient plus du mal qu'on a fait. Mais quand on se souvient, on sait. Et quand on sait, c'est mal. Et si la mémoire nous montre le passé, comment nous montre-t-elle que c'est passé ? Encore aujourd'hui, je me sens vieux. J'ai l'âge de mon coeur, quatre-vingt dix ans, et je me souviens d'un tas de chose. Mais encore pis, c'est de se souvenir des sensations. Du charbon qui descend dans ma gorge, qui me donne des haut-le-coeur à chaque fois que je termine le fond d'un chocolat chaud, où tout le sucre s'est déposé et forme une masse épaisse. Le sirop pour la toux me fait vomir. Le simple souvenir du goût de médicaments, de l'odeur et de la couleur, s'impriment dans ma tête et me donnent le tournis. Et si seulement il n'y avait que ce passage de ma vie. Mais tout ce que j'ai fait avant, tout ce que j'ai fait après, vagues fantômes, surgissent, perforent mon orgueil et me laissent comme un squelette, entièrement nu. Tout ce que j'ai pu dire, imaginer. Trop. Je frotterais ma peau jusqu'à ce qu'elle saigne.
Tags : Journal, 2011, Déboires, 2012
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#Posté le dimanche 04 décembre 2011 00:13

Modifié le jeudi 15 mars 2012 04:07

Fairy Paradise

Fairy Paradise
Il dessine proche de sa lisière et ne croit pas en la délivrance.
Venu au monde de l'enfer profond, sa tête est celle d'un volcan mort.
Il y a les corbeaux qui volent autour, leurs becs fragiles.
Mais sa jambe de bois est trop choquée pour parler.
Il y a de la poussière de lilas dans les cheveux d'une femme.
Mais une croix en bois, une prière et du papier.

Une pierre où son corps gisait.
Une tas de plumes ou une pile de foin.
Le reflet d'un champignon sur son iris.
Des chutes de neige, des avalanches en moustaches blanches.
Des vers tissent leurs anneaux en soie. Et des fées y dansent carré.
Rois et reines se font des perruques et des cils.
La musique, les fées, une transe et des dansent partout autour.
Dans des grottes en coquilles d'escargots.
C'est à n'y rien comprendre.

Des échos de sortilèges, murmurés.
Le mystère et son flux méchants.
Ses épines, ses épées et ses rubans argentés.
S'enroulent et se déroulent dans des champs de trèfles.
Leurs tiges ne se cassent pas mais s'effondrent sous leur poids.
C'est lourd, mais leur peine n'inflige pas d'arguments.
Ils doivent apprendre à se balancer et à ne se préoccuper de rien.
Comme la Terre qui fait son dernier passage.
Après le ravage des humains.

Des anges à la haute dévotion.
Un par un, pour nous raccompagner à la maison.
Fuir les éléments déchaînés et libres de se déplacer.
Se baigner dans la dernière mousse de l'océan.
Peigner les plages et leurs débris nucléaires.
Nos jouets en plastique et nos arbres en métal.
C'est une journée parfaite pour trouver la brise.
C'est une journée parfaite pour souffler le pollen sur le pieds des abeilles.
Maintenant les étoiles pleurent sur la terre.
Leur regard est quelque peu nostalgique, mais ce ne sont que des étoiles.
Il y a cette complainte qu'on entend au travers du cosmos.
De la planète mourante qui tombe avec ses ennemis.
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#Posté le samedi 14 avril 2012 18:40

Apologie de l'erreur et de la vie

Apologie de l'erreur et de la vie
Après on tombe d'un immeuble en dix secondes. Et quand on tombe, ça y va putain, ça descend et ça descend. Et c'est drôle parce que dans ce lapse de temps très court, on revit tout, on revoit tout et on oublie tout. Après on heurte le seul de plein fouet. On meurt, bof, je dirais pendant un bon mois et demi. Et après on se relève, hop, on se secoue ou se fait secouer, au choix... et puis on remonte. Et quand on remonte, ça y va putain, ça monte et ça monte. Et c'est drôle parce que dans ce lapse de temps très long, on vit tout, on voit tout et on se souvient. Après, on tombe d'un immeuble en dix secondes.

I'm not afraid to say
That I'd die without him
Who else is gonna put up with me this way
I need you, I breathe you, I'll never leave you
They would rue the day, I was alone without you
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#Posté le jeudi 15 mars 2012 06:52

Modifié le lundi 02 avril 2012 03:36



Si vous pensez à la fin du monde, comme moi, vous êtes siphonnés du cibouleau.
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#Posté le dimanche 19 février 2012 09:35

J'ai enfanté Lilith. J'ai enfanté les fils de la Garce. J'ai enfanté les ténèbres.

J'ai enfanté Lilith. J'ai enfanté les fils de la Garce. J'ai enfanté les ténèbres.
. La Vérité

‹‹ Je suis sans faute, et la racine de la faute vient de moi. ››

Impie de sa nudité, elle se déplace en trainant derrière elle sa chevelure rousse de silences mystérieux, son teint basané et son odeur lascive de jeune vierge au regard tentateur. Affamée par l'insatiabilité de ses envies libidineuses, elle voyage de mâle en mâle ; si elle n'en demeure pas moins inassouvie elle peut au moins jouir convulsivement et garder en son ventre les semences recueillies durant la nuit.
Lilith, la prostituée impromptue, celle qui dévore la raison des hommes et les laisse, peu à peu, s'abandonner à ses charmes irrésistibles : hommes qui, abstinence oubliée, agripperont avec fougue sa longue crinière flamboyante ; hommes qui, fidélité bannie de leurs vertus, palperont son sein ferme et parfait, ses hanches fortes et ses cuisses puissantes. Hommes qui, enragés de folie, ne concluront qu'à l'épuisement sexuel, laissés comateux derrière sa démarche assurée de femme retournant à sa chasse éternelle.

‹‹ Nous sommes les fils de la plus grande Garce de l'Histoire. ››
Ce soir, son ventre vide se tord de douleur. Elle grimpe sur la terre ferme pour se nourrir. Pour tourmenter les hommes aux m½urs fragiles, adultes comme adolescents. De sa démarche sensuelle, du balancement aguichant de ses hanches, elle s'immisce dans les rêves érotiques, corrompt les c½urs. Elle les rend fou, se laisse agripper brusquement, molester, déplacer, se laisse battre parfois ! Ah, ces hommes, lorsqu'ils touchent au péché divin du bout des doigts, ils deviennent si... si incontrôlables ! Si violents !
Elle éclate d'un rire cristallin.
L'espace d'une seule nuit, ces hommes, ces garçons prépubères, s'abandonnent à elle entièrement. Dépendants, comme hypnotisés, ils finissent par remplir son ventre de semence chaude.
Et elle sourit. Son visage parsemé d'étoiles de folie.
Sa peau si froide aux teintes dorées, si douce, s'évapore petit à petit et, tranquillement, elle ne devient que le vague souvenir d'un rêve jouissif.
Mais ce n'est pas assez. Un seul homme ne suffit pas : elle les enchaine avec la même passion dévorante, avec la même fougue. Avec la même avidité.
Toutefois, elle n'arrive pas à trouver satisfaction. Lilith, la maudite : celle qui ne peut ni connaître le plaisir, ni connaître la véritable jouissance.
Alors, lasse, épuisée par ses orgasmes sans saveur, elle se retire.
Lilith, la Garce immorale, s'enfuit. Elle quitte les chambres en refermant la porte, laissant ses victimes comateuses et épuisées derrière elle. La chute de sa chevelure longue et rousse qui se balance au milieu de ses cuisses.

Elle marche nue, dans le désert. Elle se traine sur le sable, lentement, les bras ballants le long de son corps svelte.
L'aube pointe le bout de son nez aux fenêtres du jour, tout comme ses seins, d'ailleurs, impudemment exhibés.
Elle se laisse tomber à genoux sur les dunes hautes et déjà éclairées par l'astre solaire.
Elle écarte ses cuisses avec la discrétion d'une prostituée fameuse : elle laisse échapper la fécondité enclos en son ventre infertile. Si elle ne peut pas enfanter d'elle-même, la Terre, elle, le pourra à sa place.
Le sable sec s'étouffe mais avale.

À bout de force, le corps parcouru par un spasme libérateur, sa silhouette s'évanouit avec le vent. Elle s'efface dans un frisson et disparaît comme un tourbillon de poussière. Le galbe de ses courbes, la largeur de ses hanches fermes. Plus rien. Une saveur charnelle sur la langue : réminiscences subtiles de lascivité, un peu comme la fraicheur de la nuit qu'on oublie une fois le jour arrivé.

Combien d'homme aura-t-elle réussi à charmer ? Une dizaine peut-être. Les statistiques ne sont jamais les mêmes.
Combien d'entre-eux auront jouit en elle ? Tous, puisqu'elle l'obligeait avec la fermeté d'un caprice obstiné : emplissez-moi !
Mais son existence est vouée au vide. Au froid. Au mutisme. À l'absence de tout : à l'absence de plaisirs véritables.

‹‹ Nous sommes les enfants nés des hommes perdus,
Ceux charmés par la Lilith nocturne ;
Ceux qui gaspillent leur fécondité
Et qui enfanteront la Terre :
Lilith la tellurique grandiose. ››

Lilith, la Garce primaire. La première Ève, bannie, déchue. Séparée d'Adam qu'elle méprisait pour sa soi-disant supériorité masculine. Retrouvée par les envoyés de l'Ineffable, forniquant avec Samaël. Lucifer. Le Satan en personne, en chair et en os, tout de vigueur vêtu.

Lui, peut-il la satisfaire ? Combler ses demandes les plus viscérales ? Du moins, la laisse-t-il dominer durant leurs relations charnelles : peut-elle au moins s'en réjouir, à défaut d'être uniquement soumise et bête, sans personnalité et sans caractère. Oui, peut-être un filin, un faible fil ténu de félicité s'empare d'elle lorsqu'elle chevauche son étalon ; accommodé par la docilité de son nouvel homme, elle choisit de rester à ses côtés. De toute façon, ailleurs, pourrait-elle trouver mieux ?
On lui attribue son nouveau nom ainsi. Levla. La mère de toutes les créatures démoniaques. La mère de tous les vices, celle qui manipule, qui tente. Qui parvient à venger sa fierté sur son ancien Adam : Lilith la justicière cachée, omnisciente, qui commande et ordonne : qui réussit, à force de paroles doucereuses, par convaincre son Satan de corrompre le c½ur de la Deuxième Ève.
Ève, la mère de l'humanité : l'image de la femme modèle, qui courbe l'échine, qui se soumet à l'autorité de l'Homme, la mère aimante ; Ève, la femme indigne, sans profondeur, sans saveur ni couleur, qui lui fait tant pitié ; Ève, la petite cruche trop étourdie qui se laisse charmer par les mensonges d'un serpent.
Samaël, le tentateur. Manipulé par sa bien-aimée.

Adam banni à son tour, elle jubile. Son c½ur s'enfle et se gonfle d'orgueil. Quadruplement vengée : l'exil d'Adam, le viol de sa remplaçante par le serpent, le fils meurtrier qu'elle pervertit, l'abstinence d'Adam.
Lilith a gagné.

‹‹ Nous sommes les fruits tabous, au goût de miel, à l'amertume stomacale. ››
Semence perdue, semence répandue.
De Lilith et des Hommes, nous sommes les fils laissés-pour-compte.
Comptés à l'indifférence, individus insignifiants, nous ne sommes que les copies, les myriades, les rejetons d'une femme névrosée autant que nymphomane, de vulgaires numéros étiquetés et oubliés ensuite.
Qui peut bien s'occuper de nous ? Blank, l'orphelinat pandémonique qui déborde de progénitures braillardes et incomprises. Blank l'Immaculée, où je suis, où nous sommes coincés. Où l'Anarchie palpite tout autour. Où certains adultes nous inculquent les connaissance de base pour un jeune démon. Comment attraper un humain pour le manger, comment survivre si on décide de monter vivre sur la Terre ferme.
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#Posté le jeudi 09 février 2012 05:55

‹‹ Louis se contenta d'un hochement de tête. En général, si on ne lui posait pas une question en bonne et due forme, il n'ouvrait pas la bouche. Il appartenait à ces personnes imaginatives et pleines de ressources qui coincent les exigences les plus plates de l'immédiat, qu'on appelle les timides. ›› Gaétan Soucy

‹‹ Le reptile est aussi la métaphore d'un christianisme oppressant qui châtiait le corps : « La diabolisation au Moyen Age, de la chair et du corps assimilés à un lieu de débauche, au centre de production du péché, enlèvera au contraire toute dignité du corps. » ›› Gilles Visy

‹‹ La dame pouvait être au milieu de la quarantaine. À son accoutrement où se trahissait un souci d'élégance, mais selon une mode qui remontait à quinze ans, à son regard où survivait un reste de jeunesse désespéré, à quelque chose d'insaisissable dans son maintien, de ridicule et de touchant, on devinait la femme seule, dont le c½ur a peu servi, intelligente pour comble de malheur, et dont la vue suggère, on ne sait pourquoi, que sa vie bien rangée camoufle un secret à faire dresser les cheveux. ›› Gaétan Soucy
Tags : Citations
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#Posté le lundi 06 février 2012 10:33

Modifié le jeudi 16 février 2012 19:17


Est-ce que tu peux m'apprendre la lumière ? Mon âme est un encrier dans lequel je plonge mes doigts. Pour tracer sur ton corps des tas de mots vulgaires. J'y enfonce les ongles et j'y griffe mes insanités. Je te lacère. Je te déchire. Et tu ne m'en veux pas. Tu es lumière, tu es inconditionnel. Et tu me couvre de ton aile meurtrie tachée d'obscurités. Des taches. Des tas. Je suis ton cancer.
Est-ce que tu peux m'apprendre la neige ? Mon âme est le bleu d'un feu. Je te consume, tu n'es qu'une allumette que j'ai craquée.
Tu te souviens, la nuit, sur un toit ? La fraîcheur de l'air. Il avait plu. Il avait plus rien.
Pourquoi est-ce que le bonheur décrit ne se contente que d'une phrase sujet verbe complément ? Il n'y a aucun compliment à y faire : le bonheur doit être parfait. Il n'y a rien à ajouter, non ? C'est tout ce qu'on peut y dire. On le nomme. Il n'a pas besoin de justification : il est là, il est près.
Et tu es loin ? Je te vois loin.
Est-ce que tu peux m'apprendre les sourires ? Une dernière personne pour un dernier rictus. Être de bonne humeur. La tête froissée comme l'oreiller de la veille. Le visage contre ton cou, même s'il fait chaud, même si c'est étouffant. Les bruits de griffes d'un chien qui grimpe l'escalier et la sonnerie du réveil qui ne devrait plus tarder... quelques minutes, quelques secondes. Mais encore cette chaleur, un peu. Juste un peu. Avant que tu ne t'effaces. Avant que tu disparaisses. Faisons semblant, tu veux ? Jouons le jeu !
Est-ce que tu peux m'apprendre la rédemption? Je t'offre le crucifix. Tu peux m'y coudre. Je resterai pendu pour toi, toute ma vie. Je resterai juste là, au dessus d'une porte. Je voudrais bénir chacun de tes passages sous mon arche. Je serai de cire, je serai éternel. Nous le serions tous les deux, d'une certaine manière. Et, peut-être, pourrons-nous en garder quelque chose de bon ? Ou simplement en garder quelque chose. Lorsque tu t'envoleras. Lorsque tu refermeras la porte pour de bon, moi je resterai suspendu aux clous et au bois.
Tu te souviens ? La première fois. La première chose que j'ai fait, c'est de me plaindre. Pourquoi es-tu resté ? C'est tout ce que je sais faire de mon épave, caprices, plaintes. Je gémis sans arrêts. Je chiales. Je gueule. Je cause des problèmes.
Est-ce que tu peux m'apprendre le blanc? J'ai besoin de bonheur et je veux que tu me l'offres. Je veux que tu me montres comment l'attraper et l'enfermer. Pour de bon. Mais j'ai peur. Il est trop tard. Je vois tes doigts déjà, ils s'embrouillent. Tu es loin. Tu t'éloignes. Pourquoi ne restes-tu pas ? Oh, parce que. J'existe. J'existe trop. Parce que tu n'arriveras pas à me sauver.
Parce que tu ne peux rien m'apprendre. Parce que je ne veux rien apprendre. Et j'en souffre.
Pourquoi je ne peux rien obtenir ? Pourquoi tout ce que tu m'offres sur un plateau d'argent ne goûte que les cendres ? Pourquoi est-ce que je suis mort ? Pourquoi est-ce que mes doigts sont noirs ? Pourquoi est-ce que mon souffle est froid ? Pourquoi est-ce que les plumes de tes ailes sont mouillées ?
Est-ce que tu peux m'apprendre à nager? Parce que je me noie. Et je t'emporte avec moi, dans l'abysse. Je suis un boulet bien lourd, accroché à tes chevilles. Et je t'entraîne dans les profondeurs de mon malheur. Alors que tu n'as rien demandé. Je voudrais te lâcher, vois-tu. Mais je tiens trop à toi. Alors je me contente de garder les doigts en étau. Et on coule.
Et si tu manques d'air, que feras-tu ? Tu te croyais étouffant. C'est drôle. Maintenant, j'ai fait quelques pas en arrière et je me rends compte que c'était moi. Qui m'étouffais tout seul. Et qui te privais de ton air.
Est-ce que tu peux ?
Tags : Aveux, Regrets, Amour, Souvenirs
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#Posté le jeudi 26 janvier 2012 19:23

Modifié le jeudi 09 février 2012 18:37


Tu n'es rien. Que poussière, que trombones. Bouts de papiers froissés, petites taches rouges. Des traces de lèvres sur le glas d'une coupe. Un blanc. Un acide acédie. Le noir de tes yeux se pénombre d'un coup. Et il ne reste que ton aveugle pensée, idiote, lumineuse. Quoi ? Tout n'a rien de sens. Tout n'est vide de tout. Tu cherches le souffle que tu as laissé tombé. Tu cherches les boucles de tes oreilles, des perles. Que tu as laissé tombé. Et tu craques sur quelque chose. De dur. Sous tes semelles. Quelque chose de mouillé. Mais tes perles ne sont pas mouillées. Ton souffle non plus ; c'est un c½ur que tu as laissé tombé.
La lueur revient et se colle à tes iris verts. Quoi ? Tout n'est rien, ne cherche pas à comprendre : tu t'enfonces. Tu t'enfonces, comme ce talon aiguisé qui perce sous le poids de ton étourderie. Ça fait mal ? Oh, mille pardons mais, vois-tu, je ne t'aime pas. Comprendras-tu que tu ne penses pas ? Comprendras-tu qu'il pleut dehors ? Que c'est trop tard, que tu as déjà tout gâché ? Comment pourra-t-il survivre à ce froid, à cette tempête de neige ? Tu es froide. Tu cingles, comme un coup de sangle, de vent : les brindilles des sapins blancs fouettent. Et cours. Cours dans une forêt. Car tu es froide.
Une coquette maigre aux airs extravagants, l'élégance et la nonchalance d'une prostitué. Le cou tendu à l'affût. Tu es hémophile. Et tu pleures du sang. Mais tu guettes une proie. Tu es une saint-vierge qui pleure des olives. Une vierge. Une martyre immaculée aux yeux verts. Une fille de joie vierge qui se nourrit de rêveries. Qui voyage en canot, sur les rives du désir. Eau sinueuse, ô troubles. Eau, mille pardons mais, vois-tu, je ne t'aime pas : je ne sais pas nager. Et tu te noies. Tu tombes, tu te laisses tomber comme tes perles, comme ton souffle que tu avais perdu après cette folle nuit de cris silencieux.
Mais il neige dehors. Tu es froide. De glace, l'eau se coupe. Et tu chavires. Un déhanchement de couleurs. Mutisme. Tout n'est que froid et rien. Ta robe est mouillée.
Tu te traînes. Une rive. Tu rives. Yeux verts, poussière. Des bouts de trombones dans les cheveux. Roux, ils sont. Longs.
Mais il fait froid. Et tu éternues. Et tu disparais : tu n'es rien que cendres. 
Tags : Tamère
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#Posté le mercredi 25 janvier 2012 18:14

Modifié le mercredi 01 février 2012 07:03


Je suis brisé.
Je suis mal programmé, défectueux. Mes membres tombent en pièces, mes jambes s'affaissent. J'ai le don pour tout détruire, je suis un sans-coeur qui avance dans une forêt de mals-aimés. Je ferme les yeux, il fait noir. J'enchaine des pas dans le néant, il ne fait pas froid. Il ne fait pas chaud non plus, tu n'es plus, je ne suis plus. Nous ne sommes plus rien. Tout ne revient qu'en souvenirs qui s'effaceront. Et puis, quoi encore ? C'est mort. I'm done. Je n'ai plus rien. J'ai tout perdu. J'ai tout gâché. Je suis un poisson empoissonné.

--------------------_--------------------

Je suis une histoire banale dans ce monde. Une histoire qui ne traversera sans doute jamais l'étendue de mes pensées. Je suis une histoire condamnée à disparaître qui, de poussière retournera à la poussière. En cendres.
Je suis une histoire qui ne sera jamais connue de personne d'autre. Je ne suis personne.
Une histoire qui... n'a rien. Qui n'est rien d'autre qu'un amas de mauvais souvenirs, de cris et de larmes. D'incompréhensions.
Je suis un garçon. Qui n'aura jamais connu l'amour. Qui n'aura jamais connu le bonheur. Et qui s'éteindra bientôt, balayé par le vent.

Ma vie n'est plus qu'un brin d'encens qui se consume et qui finira par me ronger vivant. Avant de mourir étouffé. Et je ne serai plus là. Parti, envolé. À jamais.


La vie nous offre des tournants impossibles à prendre, des virages tortueux, anguleux qui ne nous laissent jamais tranquille. La vitesse à laquelle on roule n'importe peu, on finira pas perdre le contrôle de ce qu'on croyait être tracé d'avance, de ce qu'on s'était fixé comme but. On finira par perdre tout espoir et vivre dans l'attente. L'attente de la fin de tout, de l'existence. La fin, la vraie, sans retour et sans espoir.
Alors qu'on croyait en tout, imbécile ou trop naïf pour se retrouver atteint, on se croyait au-dessus de tout, capable de vivre en paix, de fonder une famille, d'avoir une vie normale. On se croyait tellement puissant. Tellement... tellement puissant.
Et ce virage qu'on rate. Les pneus qui dérapent. Qui glissent sur une chaussée mouillée et qui nous entraînent tellement loin, tellement à l'opposé de cet idylle auquel on aspirait. Petit enfant, les rêves d'avenir, les projets, le travail, l'argent, les responsabilités... Juste cette idée stupide de vieillir. Les rides, les cheveux blancs, les courbatures au réveil.
Et ce virage qui annihile. Qui efface tout d'un trait et qui devance notre fin de... oh, d'une bonne soixantaine d'années. Juste ça.

La Tache. Le destin inflexible. Le calendrier fixé au corps, cloué. Les jours qui défilent, qui laissent leur marque. Dans la chair certes, mais ailleurs. Oh, bien ailleurs.
À un endroit où tout n'est maintenant que douleur. Qu'inquiétudes.
Bien sûr, la question facile : pourquoi moi ? Pourquoi c'est moi, parmi tous ?
Parce que. Et c'est tout.
C'est tout ce qu'on trouve à dire. Tout ce qu'on trouve à penser : parce que. Il en fallait un, deux, peut-être trois dans ce cartier. Il fallait que ce soit nous. Inévitablement et... le pire c'est que tout le monde doit penser pareil : pourquoi, pourquoi ?
Parce que.

Je ne suis qu'une histoire coincée au milieu de tant d'autres. Une histoire qui fait du mal aux personnes autour de moi. Qui brise tout sur son passage et qui laisse des c½urs brisés. Des âmes en miettes. Une histoire qui se fiche de tout, qui piétine tout et qui avale tout. Comme un grand trou noir insensible, aveugle. Qui ne sait même pas faire la distinction entre le bien et le mal. Qui se fiche pas mal d'emporter avec elle toute cette tristesse. Toute cette douleur.
Mais je ne suis qu'une histoire. Une ligne de plus dans un chapitre de l'humanité. Un paragraphe de plus sur une pierre tombale. Je ne suis qu'un mot. Qu'une voyelle. Une syllabe même.
Et bientôt, je ne serai plus rien, sinon mon absence. Et les gens se souviendront de moi comme quelqu'un qui était là avant, mais ne garderont de moi que le souvenir de mon départ. Pour un monde meilleur, j'imagine. Pour un monde meilleur, j'espère.


On voudrait croire aux contes de fées. Aux elfes. Et à la magie. On voudrait en faire un de notre vie, la rendre unique, merveilleuse. On voudrait partir à la conquête d'une fontaine de jouvence guérisseuse de tous les maux du monde. On voudrait croire aux miracles. On voudrait tellement y croire, tellement... Mais la déception reste. Stagne. Et dévore toujours un peu plus de peau. Et la Tache se répand comme une traînée de poudre sur l'épiderme, noircissant tout, brûlant la moindre parcelle d'épiderme sur son passage.
Parce que dans la vraie vie, la magie n'existe pas. Les miracles n'interviennent jamais et n'arrêtent pas les condamnations à mort. Pas même lorsqu'on essaie d'avoir la foi. Pas même lorsqu'on prie, à genoux et qu'on implore quelque chose au-dessus de nous, quelque chose de plus grand que soi... On espère une réponse, on attend. On attend tellement longtemps... que c'est presque trop tard.

Et la Tache continue son chemin.

C'est l'histoire d'un petit garçon très malade, très très malade, qui voulait vivre. C'était un orphelin, un garçon sans attache et sans amour qui ne vivait que pour accomplir quelque chose. C'est tout ce qu'il voulait faire de sa vie : grandir, vieillir, apprendre et travailler. Il voulait rencontrer un prince en armure, un cheval blanc, et les accueillir dans sa vie. Être amoureux. Payer un loyer. Faire des courses, le dîner, le ménage. Rendre sa moitié heureuse.
Mais il était très malade et devait mourir. Et, quoiqu'il fasse, il mourut. Fin.

Je suis une histoire d'encre noir et de papier gorgés d'eau. Je suis une histoire de larmes versées, de crises de nerfs, de cris aussi, de pleurs ô combien inutiles et oppressants. À défaut d'être libérateurs. Je suis une histoire qui touche à sa fin, qui s'effrite déjà avant même qu'elle ne soit terminée. Je suis une histoire que j'aurais aimé t'offre. Que j'aurais aimé te faire lire. Mais elle tombe en morceaux. Elle tombe déjà en morceaux.

Saan-Abel est un garçon presque majeur qui vit aux crochets d'un homme particulièrement distant. Ingrat et impossible à vivre, il est vulgaire, violent et complètement effrayé. Il cherche un sens en toute chose, une signification en chaque événement.
Cet homme, d'une quarantaine d'années s'occupe de lui et travaille pour subvenir à leurs besoins modestes. Ensembles, ils vivent dans un appartement acceptable, propre mais qui a mal vieilli. Ils mangent sans se parler à table, prennent leur douche sans se dire grand chose et baisent en silence, comme si c'était une suite logique à leur situation.
Saan-Abel n'aime pas cet homme. Et cet homme le lui rend bien.

Mais la vérité est tout autre. Sous le vernis, sous le silence et les routines mécanisées se cache quelque chose de plus vulnérable. De plus secret.
Saan-Abel aime cet homme. Et cet homme le lui rend bien. Mais discrètement. Des attentions, des caresses ou tout simplement cette attitude de protection paternelle. Ce regard qui en dit long qui se veut toujours absent, distrait, mais sincère.

Mais Saan-Abel va mourir. Et tous les deux le savent. Et même s'ils dînent ensemble le soir et qu'ils s'enlacent sous la douche, s'embrassent... Même s'ils baisent avec fougue, même s'ils s'endorment tout contre l'autre... La fin est inévitable. Fataliste.
Saan-Abel va mourir. Dévoré par la Tache qui se développe petit à petit sur son bras gauche et qui finira même par pénétrer l'intérieur de ses os.

Et même s'ils essaient de l'omettre et d'oublier ce détail, même si cet homme fait abstraction de ce bras noir qui contraste avec cette peau blanche... même s'ils vivent... même s'ils...
Saan-Abel va mourir. Et même s'ils s'aiment, cela n'y changera rien. La douleur n'en sera que plus grande. La séparation plus douloureuse. Et un jour viendra où les deux devront se dire au revoir.

Je suis notre histoire. Celle d'un petit garçon qui rêvait d'être clown dans un cirque. Qui rêvait d'être dompteur de lions. Qui rêvait de princes et de chevaux blancs. L'histoire d'un petit garçon qui n'est rien d'autre qu'un petit garçon déstabilisé par son avenir, inquiet, terriblement inquiet... et qui ne cesse de penser. Qui ne cesse de s'en vouloir. Et qui finira par te tuer, à force de mourir à petits feux. À force de se désintégrer. D'oublier qu'il est humain... d'oublier les sentiments, la joie, le bonheur... l'amour.
Un petit garçon qui finira vide. Complètement vide. Et sur lequel un arbre enfoncera... ses racines...
Des racines de calme... Les poumons pleins de ces racines de calme.


Saan-Abel aime Keylaäs. S'il était une femme, il voudrait de lui un enfant, peut-être deux. Des jumeaux. Mais même s'il était une femme, il devrait mourir avant d'avoir élever une famille. Il s'effacerait dans l'air, comme un mauvais souvenir, emportant avec lui une partie de son c½ur. Une partie infime... de quoi ?
Saan-Abel déteste Keylaäs. Il le hais tellement, qu'il en devient impuissant. Et, tant d'amour le submerge qu'il en perd tous ses moyens. Et il ne cesse de se dire qu'il voudrait le voir mort. Il donnerait tout pour qu'il crève, il donnerait tout pour voir le malheur se dessiner sur son visage. Alors, son corps serait rempli d'un sentiment libérateur. De bonheur. Parce que c'est juste parce que Keylaäs existe qu'il ne veut pas mourir. Juste parce qu'il aime cet homme qu'il ne souhaite pas partir. Et qu'il reste ici.
Juste parce qu'il aime cet homme qu'il n'a pas encore sauté d'un ravin pour mettre un terme à sa vie de souffrances.

Je suis une histoire que je voudrais que tu lises pour comprendre à quel point tout est compliqué. Je voudrais que tu puisses voir à quel point je suis compliqué, et à quel point je souffre à l'intérieur. Même si tu n'as connaissance de rien, même si je cache très bien mon jeu. Même si j'essaie de te sourire lorsque tu me regardes, même lorsque je t'embrasse. Que tu comprennes. À quel point. C'est dur. De savoir. Que ma fin. Approche. Tellement. Tellement vite. Et même si on fait comme si de rien était... La Tache continue son massacre et atteindra bientôt mon épaule. Et mon torse. Et... Est-ce que tu seras toujours capable de me regarder ? Je déborde de questions. D'appréhensions. Est-ce que je resterai toujours unique pour toi ? Ou finiras-tu par me laisser lorsque tu comprendras qu'on ne peut définitivement plus rien pour moi ?
Je suis une histoire pleine de ce genre de question. Pleine de toi partout, toi si et toi ça.
Une histoire pleine d'inquiétude et de mauvais sang. Qui ne veut pas te perdre. Oh, non. Jamais.

Je suis une histoire qui ne veut pas qu'on arrête nos routine. Notre sexe intense. Nos baises animales. Nos câlins, ensuite... et nos sommeils. Vides de rêves. Vides de sens.
Je suis une histoire en manque d'affection qui ne peut rien faire pour combler autour de vide. Qui sombre. Qui s'enfonce dans un froid impossible à couvrir. Un froid qui me rongera le c½ur. Un froid qui viendra à bout de mes moindres sentiments à ton égard.
Je suis une histoire presque achevée. Une histoire qui touche à son terme. Et qui ne sera bientôt plus qu'une mélancolie pour toi, comme lorsqu'on termine de lire un bon roman. Lorsqu'on se dit que plus jamais ce personnage viendra raconter ses périples dans ton imagination. Tu sais ?
Je suis le héros de cette histoire, mon temps est compté... et je vais bientôt mourir, Keylaäs. Bientôt.

Signé, Saan-Abel.
Tags : Fatalité, Tache, Mort
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#Posté le dimanche 22 janvier 2012 19:38

Modifié le mardi 07 février 2012 06:45

Sonnez l'hallali,
sonnez ma mise à mort.

Tu sais quoi ? Non. Tu ne sais rien. Tu es jeune. Tu es con. Tu n'as que quatorze ans. Oui, et demi, mais on s'en bat les steak. Tu ne sais rien. Mais tu te lèves, tu remontes tes regards. Tu fais genre. Tu fais ta garce. Tu fais ta pute. Tu fais l'insolente. Tu crois avoir raison ? Vas t'acheter un kilo de bon sens, ma fille, tu n'es rien. Tu ne vaux rien. Ta vie est pénible. Tu souris, tu fais semblant. Tu aime toutes tes amies, tu les trouves toutes belles. Mais en fait, tout le monde sait au fond, au fin fond, que vous êtes toutes hypocrites. Gamines. Vous faites vos belles, vos intelligentes. Vous méprisez les gens par principe, pour être cool. En bande, vous êtes fortes. Seules, vous n'êtes que des restes. Et les gens vous bouffent. Vous recrachent. Mais toi, parmi toutes les autres toi. Qu'est-ce que tu veux ? Tu veux tout. Et tu es bien naïve de l'espérer. La fille, petite, c'est plus compliqué. Ce n'est pas tes séances passées à chater sur msn avec tes potes, ce n'est pas les dizaines de mecs qui se plie à tes quatre volontés parce qu'ils te trouvent bonne. Tu veux tout, mais tu n'auras rien. Tu n'auras que des poussières de rien. Tu n'auras que des regrets. Tu seras bourrée de remords, à trente ans, tu seras à allongée en étoile sur un lit, avec un mec que tu n'aimes pas, avec des jumeaux braillards que tu ne désirais pas. Tu seras coincée. Acculée. Enculée par toute sorte de types qui défileront dans ta chambre parce que tu seras dépendante affective. Tu seras déprimée. Tu n'auras plus aucun contact avec tes anciens amis et les seuls à qui tu parleras seront les collègues de ton bureau de poste. Où tu travailleras comme commis, avec les cheveux gras, la peau huileuse. Un air fatigué et des cernes que tu essaieras tant bien que mal de cacher avec des couches de fond de teint. Tu cultiveras la pousse de tes ongles et tu t'offriras des sessions de bronzage, en souvenir du bon vieux temps. Quand, avec tes petites amies vous faisiez des concours de nana la plus brune/orange de l'école. Tu ne seras pas heureuse. Tu ne seras rien. Parce que maintenant, tu n'es rien. Et, crois-moi sur parole -c'est du vécu, ma chère-, tu ne seras rien de mieux plus tard. Rien, c'est rien après tout. Que t'y ajoute plus de rien, ça ne bouge pas d'un poil.
Tags : Fatalité, Jeunesse, Avenir, Rien
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#Posté le samedi 10 décembre 2011 04:50

Modifié le samedi 10 décembre 2011 07:08

Ave Maria,
Gratia plena,
Dominus tecum.
¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯
Open hearted as a heart can be. 'Cause we all a ruin like broken leaves. I give you me in oceans of tears up to my knees. Stitched together like pants and sleeves. I carry this carapace worn thin by he and she. Danced to dust and dusk and. Strung along the highway. I found my way belligerent. Following the stars of your eyes. Promise me that you'll cherish. This tarnished. Oh this tarnished offering. And if you take me inside. And you give me a place to hide and cry. I'll bathe you in the crystal light. That sleeps between my thighs. At times you fear the angle's sigh. To the lord and heavens that this ain't right. But in this chalice you'll find the wine. Our hands hold bonfires burning bright. And the heart is dumb and the heart is blind. But I think you'll find that the lord is kind. And I pray you'll cherish this tarnished offering. Burnt silver brushed lavender offspring. Promise me that you'll cherish. This tarnished. Oh this tarnished offering. Oh this offering. Burnt silver brushed lavender offspring. Sprung from me when first we kissed. You held me quietly a rush purged me of my past. Opened a desert of diamonds vast. Glinting and a tiny chorus of swallows. Swing open the door freed the caged bees and wallows. Swarm geometric patterns on the sun. Eclipse new moon. And tempt my werewolf not to run. Tempt my werewolf not to run. Promise me that you'll cherish. This tarnished. Oh this tarnished offering.

Tiny spirit in a k-hole, bloated like soggy cereal. God will come and wash away our tattoos and all the cocaine. And all of the aborted babies will turn into little bambies. Wounded river push along, searching for that desert song. And mozart's requiem will play on tiny spearkers made of clay. Tell my mother that i love her, Martin luther you're an angel. Charming monkey saunter swagger, drunken donkey limbs disjointed. Your chest is a petting zoo, mexican pony fucked up shoes. I dreamt one thousand basketball courts, nothing holier than sports. Dragonfly kiss your tail. Precious robot built so frail. Universe of milk and ember, your hot kiss in mid december. What's god name i can't remember trough the crack eye lovely weather.
Tags : CocoRosie
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#Posté le mercredi 07 décembre 2011 17:23

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